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Adam Driver et Jonathan Pryce dans «L'homme qui tua Don Quichotte» de Terry Gilliam.
Adam Driver et Jonathan Pryce dans «L'homme qui tua Don Quichotte» de Terry Gilliam. — Ocean Film
  • Terry Gilliam semble tout à fait remis de ses soucis de santé.
  • Il est impatient de montrer « L’homme qui tua Don Quichotte ».
  • Le film sort le 19 mai dans la foulée de sa projection à Cannes.

Terry Gilliam pétait la forme lorsque 20 Minutes l’a rencontré à Cannes. Il est enfin arrivé sur la Croisette pour présenter  L'homme qui tua Don Quichotte, ce samedi en clôture du Festival et qui sortira en salles le jour même. Arborant un magnifique t-shirt de son film (un « exemplaire unique » précise-t-il), le réalisateur âgé de 77 ans semble tout à fait remis de l' AVC qu’il a subi il y a dix jours.

A quelques heures de la projection officielle, l’ex Monty Python rayonne de bonheur à l’idée de montrer son film après les démêlés que lui a fait subir le producteur  Paolo Branco qui voulait en faire interdire la projection. Ce conte picaresque sur un réalisateur (Adam Driver) et l’acteur dont il a changé la vie en lui faisant incarner le héros de Cervantes (Jonathan Pryce) est une merveille de fantaisie et de poésie. C’est avec un grand sourire et une énergie communicative que Terry Gilliam a partagé ses sentiments sur un film que nous ne saurions trop vous recommander.

Dans quel état d’esprit êtes-vous avant la projection ?

Je brûle d’impatience à l’idée de montrer mon film ! J’attends cela depuis si longtemps qu’il me semble presque irréel de me dire que les gens vont enfin le découvrir. J’ai même peur qu’ils soient déçus car je crains que leurs attentes soient devenues déraisonnables au fil des années.

Maintenant que le film est enfin fini, estimez-vous que le jeu en valait la chandelle ?

Oui. Absolument ! Il est bien meilleur qu’il ne l’aurait été si je l’avais fini avec Jean Rochefort et Johnny Depp. Le film a mûri avec le temps, en même temps que moi sans doute. Je le trouve plus abouti que la première version, alors je ne regrette rien. Montrer Don Quichotte à Cannes valait bien tous les emmerdements que j’ai subis.

Terry Gilliam est enfin arrivé sur la Croisette @festivaldecannes

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Don Quichotte, c’est vous ?

Je me vois plus en Sancho Pança, son fidèle écuyer car il y a un moment où j’ai suivi le film qui m’emportait presque malgré moi. J’ai souvent eu l’impression de ne rien contrôler tant il arrivait des choses qui ne dépendaient pas de moi. Ce n’est pas contre des moulins à vent que je me suis battu. Montrer Don Quichotte à Cannes valait bien tous les emmerdements que j’ai subis

Avez-vous pensé que le film était maudit ?

Je ne pouvais pas me permettre de voir les choses ainsi ! Sinon j’aurais tout arrêté. J’ai eu des moments de découragement mais j’y ai toujours cru contre vents et marées. C’est pour cela que je suis si heureux d’être à Cannes aujourd’hui… J’avais raison de ne pas baisser les bras.

Quelque chose de bon est donc sorti de cette affaire ?

J’ai découvert que j’avais des fans et des amis merveilleux qui m’aiment. J’ai aussi beaucoup apprécié le courage du Festival de Cannes, de Thierry Frémaux et de Pierre Lescure que je remercie du fond du cœur. Il n’y a pas que des Paulo Branco dans la vie. J’aurais appris cela et ça fait chaud au cœur quand on est au fond du trou.

N’avez-vous pas peur d’une ultime tuile au moment de la projection ?

Pour être franc, je suis un peu nerveux. J’aurais peut-être dû venir avec une veste en kevlar des fois que Paulo Branco s’en prenne à moi physiquement. Je plaisante mais il paraît qu’il est furieux parce que le festival lui aurait retiré son badge et que des gamins le suivent dans la rue en imitant les Chevaliers qui font Ni de Sacré Graal.

Vous envisagez de faire d’autres films ?

Je vais me reposer un peu puis je me remettrais au travail. En fait, je me verrai bien mourir à 106 ans comme Manoel de Oliveira et continuer à tourner des films jusqu’à mon dernier souffle.

 

Source de l'article : https://www.20minutes.fr/arts-stars/cinema/2273027-20180517-montrer-don-quichotte-cannes-valait-bien-tous-emmerdements-subis-confie-terry-gilliam
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